.Ça doit bien faire encore trois heures qu'on roule. On devrait bientôt être arrivées. J'avoue que là j'en peux plus. J'ai un énorme coup de barre. Mes yeux se ferment tous seuls. Je m'endors, incapable de lutter contre le sommeil un instant de plus. La dernière chose que je vois avant de m'envoler pour le pays des rêves, c'est Lola, toujours collée contre la vitre. Elle n'a pas bougé depuis qu'on est remontées dans la voiture. J'espère juste qu'elle ne va pas se bloquer le cou...
Je suis seule. Il neige. Beaucoup. Autour de moi, tout est blanc. Impossible de voir quoi que ce soit. Un silence angoissant rempli l'air. La seule chose que j'entend, c'est le bruit de mes pas dans la neige, et mon souffle saccadé. Je continue d'avancer, enveloppée de froid et de silence. Je lève la tête en entendant un bruit qui résonne étrangement dans ce silence, et je vois une silhouette apparaître dans le brouillard. J'ai froid. Trop froid. La silhouette s'éloigne peu à peu. Je me met à courir pour la suivre. Mais je trébuche et je me sens tomber. De plus en plus bas. De plus en plus vite. Je crie, percant ce silence trop pesant. J'entends quelqu'un m'appeler.
Lou... Lou... Marie-Lou!
Ça me fait l'effet d'un coup de poing. J'ouvre soudainement les yeux.
Moi: Aaaah!
Lola: Lou, ça va? Tu dormais et tu t'es mise à crier...
Moi: Euh... ouais. J'ai fait un rêve trop bizarre...
Chloé: Qu'est-ce qui s'est passé? Parce-que t'as crié sacrément fort...
Je leur raconte mon rêve, pour le moins étrange. Et cette voix qui m'appelait... Qui m'a appelée Marie-Lou...
Lola, gênée: Cette voix, c'était moi.
Moi: Quoi?
Lola: Je voulais te réveiller. Mais ça marchait pas.
Moi: Et tu m'as appelée Marie-Lou?
Lola, d'une petite voix: Euh... oui...
Iris: Elle n'avait pas le choix. C'était la seule façon de te sortir de ce cauchemard.
Moi: Mouais...
Lola: Désolée. Je sais que tu veux pas, mais...
Moi: T'inquiètes pas... Je te pardonne.
Lola me sourit, soulagée. Elle me tend mon i-pod. Elle sait que j'ai besoin d'écouter de la musique pour remettre mes idées en place.
On ne m'appellait comme ça que rarement. Marie-Lou, c'était trop long. Et puis je crois que ça a toujours été Lou pour la plupart des gens. Plus court, et plus mignon, comme disait Lola. Une seule personne m'a toujours appelée Marie-Lou. Lui. Que je ne veux plus jamais revoir. Depuis cette période, je refuse que l'on m'appelle comme ça.
Heureusement que Lola, Iris et Chloé étaient là à ce moment là... Elles m'ont aidée à sortir de ce tunnel noir dont je ne voyais pas la lumière. Et je me suis rendue compte que ma lumière, c'étaient elles. C'est compliqué. Et je n'ai pas envie de me souvenir de tout ça. Ça fait maintenant partie du passé. Un passé que je m'efforce d'oublier.
J'arrête ma musique et je regarde par la fenêtre. Ça y est. J'aperçois la Tour Eiffel. On entre au coeur de la ville pour trouver notre hôtel.
Iris: Et là, c'est par où?
Lola: Droite.
Moi: Gauche.
Chloé: Tout droit.
Iris: -_-' Les filles, vous ne m'aidez pas vraiment là... Qui a la carte?
Chloé: Moi. Donc c'est tout droit.
Iris: Okay, tout droit alors.
On s'est perdues, on est passées trois fois devant le même endroit, pour finalement finir devant l'hôtel. En sortant de la voiture, on était mortes de rire.
Moi: En tout cas, quand je saurais conduire, je ne vous prendrais jamais toutes les trois en même temps dans ma voiture!
Lola: Ooooh... Mais pourquoi?
Moi: Avec Chloé qui sait pas lire une carte, toi qui crie dès que tu vois quelque chose qui ressemble de près ou de loin à un bus ou à un van, et Iris qui s'énerve toute seule pour trouver le chemin... Non merci, vous êtes trop folles!
Lola: Mais c'est pour ça que tu nous aimes!
Moi: Pas faux ^^
On se présente à l'acueil pour récupérer les clés des chambres. Lola et moi dans l'une, et Iris et Chloé dans l'autre. On monte nos valises, pour ressortir directement après.
Lola: Bon, il nous reste toute l'après-midi. On va faire un tour en ville pour voir s'il y a un signe d'eux? Le concert était hier et donc si...
Iris: Et si on mangeait d'abord?
Chloé: C'est vrai que t'es un estomac sur pattes toi!
Moi: Et en plus, tu prends jamais un gramme! -_-'
Iris: Et ouais! C'est la vie! =P
On se dirige donc vers le restaurant de l'hôtel, où on commande de bons plats chauds pour nous remettre de nos émotions de la voiture... Et pour avoir des forces pour s'attaquer au froid de février. Connaissant Lola, on en a pour au moins quatre heures à sillonner Paris. C'est étonnant à quel point elle peut être entêtée pour obtenir quelque chose! Mais je suis sûre que dès qu'elle se retrouvera devant eux, si jamais c'est le cas, elle va devenir muette comme une carpe.
Une fois le repas terminé, on part s'attaquer aux rues de Paris. On allait partout, parfois courant, parfois trainant les pieds. Chloé a failli se prendre un poteau en regardant le ciel, mais Iris l'en a empêchée en la poussant sur le côté. On a été prises d'un fou-rire irréprésible pendant une bonne dizaine de minutes. Je rigolais tellement que j'ai pas vu Lola qui s'est arrêtée net devant moi. Et je lui ai marché dessus.
Moi, morte de rire: Oups, pardon.
Lola: ...
Moi: Lola? Un problème?
Elle ne dit pas un mot. Elle a les yeux, grands ouverts, fixés sur une affiche. Je regarde l'affiche à mon tour, et je comprends pourquoi elle est dans cet état.
TOKIO HOTEL EN SEANCE DE DEDICASSES
18 FEVRIER
18 février. C'est aujourd'hui. Lola s'agrippe à mon bras.
Lola: On y va! S'il vous plait les filles on y va!
Chloé: Je suis trop fatiguée pour aller faire la queue pendant des heures. Je dois me reposer pour demain.
Iris: Moi aussi.
Lola, d'une voix suppliante: Lou...
Moi: Bon... Mais c'est bien parce-que c'est toi!
On se dirige donc vers le lieu qui était indiqué sur l'affiche. En fin de compte, elle va peut-être vraiment les voir... Hey !!
Alors, verdict?
J'voudrais 20 comm'z avant la suite please! x)
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